___Il ne me restait plus qu'une semaine avant la rentrée des classes. Une courte semaine, dont je devais profiter au maximum avant de poursuivre ma première ES.
___Je m'appelle Shana. J'ai de longs cheveux châtain foncés et ondulés. Des yeux marron, basiques. D'une taille plutôt ... petite ? Non ! Un mètre soixante deux c'est tout à fait dans la moyenne. Je vis dans une grande maison à Biarritz, avec ma mère et mon petit frère, David. Je viens d'une famille plutôt aisé, ma génitrice travaillant pour une grande marque de fringues, je n'ai jamais manqué de rien. Sinon de son amour, trop souvent en voyage d'affaire.
___Beaucoup d'adolescentes de mon âge rêveraient d'être à ma place, je le sais bien. Personne pour nous dire ce qu'on doit faire, la permission de minuit et plus n'importe quel jour de semaine, une quantité d'argent à pouvoir dépenser dans toutes les stupidités possible ... Hors moi, j'aurais préféré être une fille comme les autres. Parce que c'est bien beau d'avoir ce qu'on veut, mais l'argent ne fait pas le bonheur, on ne le répétera jamais assez souvent.
___Lors de ces départ pour plusieurs semaines, voir des mois, ma mère me laisse à ma portée, l'éducation de mon petit frère, qui ne tarde pas à approcher de ses huit ans. David. C'est une longue histoire d'amour. Rentrer du lycée le soir et lui faire faire ses devoirs, passer des week end à préparer des gâteaux géants ou des crêpes, se caler devant un Walt Disney et l'entendre m'appeler parfois « maman ». Oui, vous avez bien entendu, mon frère me prend pour sa mère. Pas étonnant direz vous.
___Mais tant qu'elle est là, je compte bien profiter au maximum de mes amis. Oh oui ! Ceux-ci n'approuvent pas du tout l'éducation de ma mère, et m'ont déjà, à plusieurs reprises, proposé de vivre chez eux pendant que ma maternelle s'en va. Choses que je refuse catégoriquement à chaque occasion, pour la simple et bonne raison que le ménage de la maison ne se fera pas seul non plus.
___Aujourd'hui, c'est bronzette sur la plage. Le soleil est à son zénith, et la température frôle les trente cinq degrés. Parfait !
___Je descends les escaliers, ou plutôt, les dévale devrais-je dire, en attrapant ma serviette de plage au passage, que j'avais laissé sur la rampe. J'enfilai mes tongs aux pieds, passai les lanières de mon sac sur mes épaules et ouvrit la porte d'entrée de ma grande maison – trop grande et trop vite à mon gout.
___Trottinant sur le trottoir de ma rue, je me précipite vers la plage qui se trouve à deux cent mètres de la maison. J'en profitais pour jeter un coup d'½il sur mon téléphone portable, histoire de vérifier que personne ne m'avait envoyé de message pour me dire qu'ils ne seraient pas à la plage. Aucun soucie, avec un temps pareil, je ne vois même pas comment l'idée à pu me traverser l'esprit.
___Je quitte mes nus pieds pour poser la plante de mes pieds sur le sable brûlant de l'après midi. Tout en courant vers mes amis qui se trouvaient toujours à l'endroit habituels, je manquai de trébucher à plusieurs reprises. Je saute sur la première serviette qui se porte à moi, histoire d'arrêter de me cramer les orteils.
______« _ Hé ! rouspéta Maeva. T'as mis du sable partout sur ma serviette !
_______ Désolé, m'excusais-je en sortant la mienne du sac pour l'étendre sur le sol. Ca fait longtemps que vous êtes là ?
_______ Non, répondit une voix masculine que je reconnus comme celle de Benoit. On vient d'arriver. Maeva a perdu ses tongs en courant dans les rues, Sarah à faillit envoyer un grand père à l'hôpital en lui rentrant dedans, quand à moi et Anthony, il ne nous ait rien arrivé.
_______ T'as toujours besoin d'exagérer ! râla Sarah.
_______ Bon, vous comptez vous dessécher sur place, ou bien on va gouter à l'eau ? proposais-je.
_______ On te suit ! »
___Je retirais ma jupe et mon débardeur rapidement, et partie en courant jusqu'au niveau ou le sable était humide. C'était comme marcher sur de la braise, une horreur !
___L'eau était plutôt bonne, malgré le soleil qui tapait fort dans le ciel, elle devait être facilement à 28 degrés. La température idéale pour une fille comme moi, qui déteste le chaud, et le froid. Le tiède me convient très bien. Et je n'ai pourtant rien de la nana difficile qui se plaint tout le temps. Je laissais ce rôle à mes deux acolytes de copines !
___La douceur de l'eau sur ma peau désormais bien bronzée, était plaisante. J'aimais cette sensation de liberté. Se sentir seule, et entourée à la fois. Libre, et enchainée. C'était les seuls moments ou je pouvais m'évader, sortir de cet acharnement envers moi-même qui consistait à me mettre dans la tête que j'étais une adolescente comme les autres. Bien que je sois forcée de m'occuper de mon petit frère, à un point ou je me sentais être sa mère, j'étais avant tout une jeune fille qui aimait s'amuser et profiter de sa jeunesse. Du moins, de ce qu'il m'en restait.
___J'étais allongé sur ma serviette de plage orange, à plat ventre, les mains sous le menton, les lunettes sur les yeux. Nous nous étions positionnés en rond, histoire de pouvoir se regarder tous.
______« _ La journée n'est pas chargée en beau mec aujourd'hui, se plaignit Sarah.
_______ Tu trouves ? Pourtant je suis là !
_______ Très drôle Tony, répondit la même.
_______ T'as parlé trop vite ! s'écria Maeva. Regarde le ce beau brun là. Il va passer devant nous.
_______ Je trouve qu'il fait un peu trop la gueule à mon gout.
_______ Moi je le trouve charmant, assurais-je.
_______ Va lui parler ! m'incita Sarah.
_______ Quoi ? Ca va pas non ? Je n'ai aucune raison de lui parler.
_______ Ben si. Vu la tête qu'il fait, il doit avoir un problème. Et puis je l'ai jamais vu avant aujourd'hui, il doit pas être du coin.
_______ Un touriste sans doute, dit Benoit.
_______ Je n'irais pas lui parler. Je ne le connais même pas ! »
___Tous les quatre se mirent à rire, et je compris très vite qu'ils se moquaient de moi, et venaient de trouver le moyen de me mettre mal à l'aise.
___Ce garçon avait beau être très mignon, je n'allais pas lui sauter dessus à la première occasion. Loin de moi cette idée, je n'étais absolument pas comme ça. J'étais d'ailleurs plutôt connue pour être une fille timide et réservée, qui ne se confiait pas facilement.
___Je regardais quand même ce grand brun à la peau mate s'éloigner de nous. Il marchait pieds nus sur le sable chaud, et marchait à grand pas violent, les mains enfouis au fin fond de ses poches. Il faisait, visiblement la gueule, comme l'avait remarqué Sarah.
___La sonnerie de mon téléphone me fit sortir de mon imagination.
___Je fouillais à l'intérieur de mon sac ou se trouvait un bazar interminable, et dégota à la fin, mon mobile, ou la photo de ma mère s'afficha. Qu'est ce qu'elle voulait encore ?
______« _ Oui maman ? soupirais-je.
_______ Shana, ou es-tu ?
_______ Je suis à la plage avec ...
_______ Peu importe, me coupa t-elle. Pourrais-tu rentrer assez rapidement ?
_______ Pourquoi ?
_______ Parce que je risque de partir plus tôt que prévu. Mon vol est avancé à demain en début d'après midi, et j'aimerai passer un peu de temps avec toi et ton frère avant de partir pour le mois.
_______ Demain ? Mais maman tu vas rater la rentrée des classes !
_______ Je sais chérie. Je n'ai pas pu faire autrement. Plus vite je partirais, plus vite je reviendrais. Alors, tu veux bien rentrer ?
_______ Je serais là dans dix minutes. »
___Je remis mon téléphone à sa place dans mon sac, puis soupira bruyamment en enfilant mon débardeur blanc, et en sortant mon Ipod de la poche arrière de mon short. Je m'excusais auprès de mes amis pour la raison de mon départ précipité, puis partie rapidement de la plage, sans me retourner.
___J'enfonçais mes écouteurs dans les oreilles, laissant la première musique qui venait m'envahir le cerveau. Je m'obligeais à ne pas être en colère, à ne pas rouspéter et à ne pas pleurer. Il n'y avait rien de pire, pour faire culpabiliser David. La pauvre, il était mêlé à cette querelle familiale qui ne cesserait jamais. Et tout ca pourquoi ? Parce que mon père a préféré quitter le domicile familial, pour aller vivre avec une fille pas beaucoup plus vieille que moi ! J'adore !
___Je marche rapidement le long du trottoir qui me menait à la maison. Je voyais d'ici David faire du vélo sur le côté droit de la route calme. Il agita la main en ma direction et manqua de tomber de son deux roues. Il se rattrapa agilement et m'adressa un sourire radieux.
___J'accélérais le pas vers mon petit frère et lui embrassa le front.
______« _ T'as vu Shana ? J'arrive bien à faire du vélo sans les petites roues maintenant.
_______ Je suis très fière de toi. Quand tu sauras bien en faire, on ira se promener tout les deux.
_______ Chouette ! Quand ça ?
_______ Quand je serai sure de pouvoir te laisser faire du vélo sans me tenir derrière toi. Maman est à la maison ?
_______ Oui. Elle descendait son sac. »
___Je l'embrassais une nouvelle fois et entra dans la maison, trop grande et trop vide.